Quelle différence y a-t-il entre l'analyse technique et l'analyse théorique ? L'analyse technique consiste à faire un traitement statistique de données, elle ne peut donc que suivre un mouvement et même quelquefois un retournement lorsque l'évolution statistique indique un retournement, mais elle ne peut pas anticiper. Parfois elle détecte (ou croit voir) des figures qui permettent d'envisager une certaine probabilité d'évolution d'un mouvement.
Elle repère aussi des objectifs, mais ceux-ci n'ont qu'un caractère très imprécis et sont davantage des indicateurs de direction que de véritables objectifs (ces indicateurs pouvant être remis en cause au premier changement de direction). De plus, l'analyse technique n'a de portée qu'à court terme.
Soyons précis : la recherche actuelle en analyse technique tend à appliquer aux variations des cours boursiers des lois issues de la Statistique (processus stochastiques, processus de Markov, processus cumulant appelé mouvement brownien). Elle postule donc implicitement (peut-être même sans le savoir) que :
Or ces deux postulats sont hautement contestables et même fondamentalement erronés. Prétendre que les mouvements des cours soient aléatoires revient à dire que les investisseurs prennent leurs décisions au hasard, ce qui est manifestement faux.
D'autre part, la formation d'un prix résulte de causes dont les motivations sont variées, mais toujours d'ordre psychologique dans la gestion de l'épargne personnelle ou collective (le choix et la décision de l'investisseur).
Un prix ne peut donc ni être étudié comme un objet matériel, ni être soumis à des lois thermodynamiques ou physiques (un jeu de pile ou face est un phénomène physique, la formation d'un prix ne l'est pas). Pour cette raison, jusqu'à maintenant, les tentatives de faire entrer le marché dans la Mécanique, en définissant des forces - offre, demande - et une puissance du mouvement, n'ont pas abouti.
De même, le terme souvent employé d'oscillations pour désigner les variations d'un prix est incorrect, le prix n'étant pas soumis à une force lui donnant un mouvement oscillatoire. Toute analyse mathématique de ces "oscillations" est donc tout aussi incorrecte, de même que l'application de lois issues du traitement du signal.
Cependant reconnaissons qu'il est très tentant d'appliquer au marché la théorie récente, improprement appelée théorie du chaos, et qui serait plus justement nommée théorie du déterminisme d'un chaos apparent, mais la même question se pose de la légitimité de cette application.
Pour être encore plus clair, on ne peut, bien entendu, contester l'utilisation de statistiques appliquées à des données économiques, comme l'inflation, la production industrielle, ou toute autre donnée, mais il est illicite d'appliquer à ces données, et en particulier à un prix de marché, des lois statistiques provenant de l'étude d' "événements" physiques, parce que le marché n'est pas un lieu où se produisent des événements physiques.
L'échange d'un produit, ou d'un titre de propriété, ne relève pas de la physique (ou, du moins, la décision d'échanger et la fixation du prix de cession). Pourtant on peut défendre l'idée que, face à des niveaux de cours s'écartant "trop" de la valeur moyenne, "quelque chose" pousse un nombre de plus en plus grand d'acheteurs, ou de vendeurs, à intervenir. Mais l'envie de gagner n'est pas une force, elle n'est pas quantifiable.
L'analyse dite théorique procède d'une démarche totalement différente : elle identifie chaque fluctuation et l'intègre dans la structure d'un mouvement ; cette structure étant théoriquement connue (théorie issue de l'observation d'un total déterminisme dans la succession des variations élémentaires, cette succession s'inscrivant dans un modèle théorique de base de la figure fractale formée par la courbe de variation du prix), l'analyse permet la prévision.
Dans l'application de la théorie structurale, le plus difficile est de faire une analyse exacte;
si l'analyse est juste, la prévision est évidente. Dès lors, par sa rationalité,
sa fiabilité et sa large étendue d'application, l'analyse théorique présente une réelle supériorité sur l'analyse technique. Cependant celle-ci ne doit pas être définitivement abandonnée, l'expérience montre qu'elle conserve une certaine utilité dans l'appréciation de l'amplitude des mouvements, ce qui résulte du fait qu'elle est très largement utilisée par les professionnels
(phénomène bien connu d'auto-réalisation : quand, dans un groupe, chacun des membres connaît à l'avance l'attitude que vont adopter les autres membres, si sa non-conformité est préjudiciable à ses intérêts, il prend évidemment la même attitude et, ainsi, la prévision se réalise). Ceci est la principale (la seule ?) justification de l'analyse technique.
Sans trop exagérer, on pourrait soutenir qu'elle a été construite ex nihilo par les professionnels pour se donner des repères et pour que chacun puisse prévoir les niveaux d'intervention des autres opérateurs.
On objectera que les deux types d'analyse n'ont pas plus, l'un que l'autre, de fondements théoriques. Cependant, l'analyse technique se vérifie d'autant mieux qu'elle se répand, tandis que l'analyse "théorique" a été construite à partir de l'observation, elle se vérifiait alors qu'elle était totalement inconnue, c'est ce qui lui confère sa légitimité, d'ailleurs rien n'interdit, fondamentalement, de tracer une figure géométrique en reliant des points représentant des prix.
Cependant, comme l'analyse technique n'est pas, au sens propre, une analyse, puisqu'elle fournit seulement des conseils à partir de probabilités d'évolution, il n'y a pas lieu d'opposer excessivement les deux méthodes,
elles ne relèvent pas du même domaine et n'ont pas le même but, l'analyse technique apparaissant comme une tentative de paramétrer des données dont il n'est pas prouvé qu'elles puissent l'être (et si l'existence de tels paramètres semble parfois s'approcher de la réalité, cela peut parfaitement résulter de la seule volonté des opérateurs qui y trouvent, on le comprend, intérêt ... et profit). L'analyse théorique, quant à elle, ne relève que de la Géométrie ;
elle est dite théorique parce que la fractalité d'une figure géométrique repose sur l'existence d'un modèle théorique de base.
Elliott et la structure : le grand intérêt de la notion de structure est d'avoir enlevé à l'analyse elliottiste toute sa part de subjectivité, qui était son plus grand défaut.
On dit, avec raison, qu'il y a autant d'analyses elliottistes que d'analystes ; cette subjectivité la prive de toute fiabilité. Mais, dans la théorie structurale, la structure du modèle fractal impose qu'il n'y ait qu'une seule analyse possible. Cette structure est parfaitement définie par 4 principes qui doivent être appliqués rigoureusement.
Il est vrai que la rigueur de cette structure pose au scientifique le problème de sa causalité, mais le scientifique, s'il ignore la cause d'un fait, ne peut que la rechercher, mais ne peut nier le fait, surtout quand celui-ci est observé en permanence, comme en témoignent les analyses que l'on peut trouver ici.
Mais on ne peut qu'être très prudent face à certaines tendances à vouloir rechercher les causes de l'analyse graphique en général dans une "psychologie des foules" (l'individu, pris dans une foule, perdant une partie de ses capacités de réflexion), aucune foule ne se trouvant réunie nulle part dans le marché, et les investisseurs prenant leurs décisions individuellement.
Pour résumer, il existe deux types d'analyse, technique et théorique, et deux types d'acteurs du marché : les professionnels travaillant sur le marché des futures et tous les gestionnaires, professionnels ou particuliers. Les premiers peuvent utiliser avantageusement les deux méthodes : on ne peut tenir pour négligeable un conseil technique suivi par 90 % des opérateurs,
même si ce conseil provient de l'étude de leur comportement passé, lui-même résultant du conseil précédent. Pour tous ceux qui font de la gestion, la seule méthode valable est l'analyse théorique.
A propos de l'avenir. L'avenir a de multiples aspects, qui ont tous un point commun, la finance : la réalisation d'un projet dépend de son coût. Si l'on prend seulement deux exemples, l'avénement d'un homme nouveau, génétiquement sain, résistant aux maladies, vivant plus longtemps en gardant une apparence de jeunesse est beaucoup plus probable qu'une installation fixe des hommes sur Mars.
L'analyse long terme indique que ce second projet, très coûteux, ne sera plus financé après les années 2020. Cet exemple illustre l'intérêt de la théorie qui n'a pas seulement d'utilité spéculative à court terme.
(1) Pour ceux – et ils sont nombreux - qui n’ont encore pas compris, entrons dans le détail du raisonnement. Il faut aussi noter, à la défense de l'analyse "technique", qu'elle s'oriente actuellement de plus en plus vers une approche psychologique du comportement des opérateurs, comme dans la détection de niveaux (supports ou résistances), où l'on peut prévoir l'intervention d'une majorité d'opérateurs, ou dans l'analyse du suivi d'une séance, en observant les rapports entre des cours caractéristiques de la séance,
cours d'ouverture, de clôture, plus haut et plus bas (méthode dite des "chandeliers japonais"). Cette orientation, qui ne relève pas de la Statistique, est beaucoup moins sujette à critique. (*) confrontation est préférable à rencontre, parce que ce terme rend mieux compte du rapport de force entre acheteurs et vendeurs, qui provoque la variation du prix. Cette "force", et la "puissance" d'intervention des opérateurs, qu'est leur nombre et leur capacité de mobiliser une quantité d'argent plus ou moins grande dans un sens ou dans l'autre, pourraient-elles constituer la base d'une dynamique du marché ?
Ce travail a déjà été entrepris, mais la cause de la variation de la force pose toujours problème.
(Dans le domaine scientifique, personne n'a le monopole de la vérité. Si, universitaire ou non, vous êtes d'un avis opposé, vous êtes vivement invité à envoyer un message le plus argumenté possible. Il est envisageable d'ouvrir une page de discussion où chacun pourrait exposer son point de vue sur ce sujet).
N.B. La fiabilité de la théorie est certaine, mais l'analyse est un pur exercice intellectuel que chacun est invité à effectuer lui-même et qui peut parfois être pris en défaut. Toute conséquence de l'application de cet exercice, et en particulier de l'analyse proposée dans les pages suivantes,
ne peut pas être retenue contre Ex Futuris.
Ce site est en libre accès pour une période d'essai. Le visiteur n'y trouvera pas de conseils provenant de l'analyse technique, les habitués en connaissent trop le manque de fiabilité. Ici, l'analyse est, autant que possible,
conforme à la théorie structurale développée dans " Essai de prospective financière " présenté sur prospectivebourse.free.fr (cliquer sur le lien).
Cette théorie - la plus récente dans le domaine de la prévision boursière - est un développement de la méthode des vagues d'Elliott, associée à l'analyse fractale des courbes de variations des prix ; elle utilise une terminologie très simple qui sera facilement assimilée grâce à la lecture de ce livre que tout actionnaire se doit d'acquérir.
Ce site est d'ailleurs principalement destiné aux lecteurs qui ont encore besoin d'aide pour faire l'analyse.
1 - les mouvements des cours sont aléatoires,
2 - la formation d'un prix est assimilée à un phénomène physique.
On voit que l'analyse technique, quel que soit le nombre de ses adeptes, ne repose sur aucun fondement scientifique, ou, ce qui est pire, repose sur des fondements non prouvés ou faux. (1)
Qu’est-ce qu’un prix ? Un prix est la résultante de la confrontation (*) d’une offre et d’une demande. Ces deux termes proviennent de comportements humains (vendeur ou acheteur). Or, un être humain, à la différence des corps inanimés, possède une propriété scientifiquement indéfinissable que l’on appelle communément la vie, et des capacités, dites intellectuelles et plus ou moins développées, qui lui permettent de décider lui-même de ses comportements.
Ainsi ces derniers ne sont ni quantifiables ni soumis aux lois de la Mécanique.
Rappelons que la Mécanique Statistique est une discipline qui permet de prévoir, par le calcul, le comportement global d’un ensemble dont chaque élément obéit à des lois mécaniques ou thermodynamiques.
L’analyse technique repose donc fondamentalement sur une erreur, ou pour le moins, une extrapolation très aventureuse.
Mais on ne serait pas complet sur le sujet sans noter que l’on observe des ensembles d’êtres vivants dont le comportement global peut être prévu statistiquement, lorsqu’il est soumis à une contrainte, comme, par exemple un troupeau de moutons guidés par des bergers et leurs chiens. Le niveau de liberté et d’indépendance d’esprit d’un humain ne serait-il pas supérieur à celui d’un mouton ?
Pourquoi pas ? Dans le cas de l’analyse technique, on pourrait voir la contrainte dans l’analyse elle-même, tant elle est omniprésente chez les professionnels, mais quelle serait la contrainte dans l'analyse elliottiste ?